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Il était une fois une histoire d’histoires

Il était une fois … c’est déjà un bon début.

Assis dans mon cabinet (et non « sur mon cabinet » – c’est le bureau dans lequel je reçois des gens …), je m’aperçois qu’une personne est assise en face de moi. Elle me raconte une histoire. J’ai le sentiment que cette histoire lui tient à cœur, ou, plus précisément, que cette histoire lui tient le coeur. Que dire ?

Je ne vais tout de même pas lui dire qu’elle me raconte une histoire ? Oui ? Vous pensez ?

Je pourrais lui raconter l’histoire d’une personne très intéressante, qui me raconte une histoire dont elle est l’héroïne. Je pourrais lui demander ce qu’elle voudrait voir apparaître dans cette histoire, tout en sachant que l’on ne va pas refaire le monde. Que ce qui est passé est une partie infime de ce qui se présente pour des faits. Nous pourrions ensemble remonter le temps, séparer ce qui relève du romanesque et des faits.

Oui. Mais sera-t-elle assez ouverte pour prendre un peu distance des histoires qu’elle s’est construite pour donner du sens à ce qui lui est arrivé ?

Comment s’appelle-t-elle déjà ? Sans importance. Je vais l’appeler PM pour Personne Magnifique. Pourquoi est-elle devant moi ? Je n’en ai aucune idée. Elle tente bien de me l’expliquer, mais je ne comprends pas ce qu’elle me raconte. L’impression que cela me laisse est que ce sont ces histoires qu’elle me raconte et qui l’accompagnent au jour le jour qui sont assises devant moi.

« Laissez-moi vous raconter une histoire. C’est l’histoire d’une dame formidable. Je pense que vous devez la connaître. Cette dame se sent seule, sans importance, inutile. Pourtant, elle n’est pas si seule que cela. Elle est accompagnée de nombreuses histoires qui lui parlent d’elle, de ses échecs, de ses ratures, de sa mauvaise nature. Mais elle se sent seule. Pour cause, ces histoires ne se montrent pas sous leurs vrais visages. Elles se cachent dernières des masques. Des masques qui portent les noms de « Vérité », de « Fait », de « Constatation ». »

« La malheureuse, bercée par ces histoires sordides, finit par considérer sa vie comme insoluble. C’est ce que ces histoires lui racontent. »

« Un jour pourtant, elle décide de faire quelque chose. Elle décide d’aller voir un psy. Elle prend un rendez-vous, et, le jour « J » elles débarquent toutes ensemble dans son cabinet. Remarquant le monde qui est présent dans la salle d’attente, le psy se demande si il aura assez de chaises pour pouvoir installer toute cette petite famille confortablement. »

« Certaines histoires doivent rester debout. Elles n’ont pas l’air contentes. La première commence à parler. C’est l’histoire de « pourquoi je suis ici ». Elle passe assez vite le relais à l’histoire de « j’ai ce que je mérite », parfois interrompue par l’histoire de « je suis une mauvaise personne ». Le psy remarque que ces histoires semblent diriger la vie de PM. Que peut-il faire ? Il décide alors de lui raconter une histoire à son tour … »

Un petit lapin au bord de l’eau …

Il était une fois un petit lapin qui vivait dans un terrier. Cela faisait de longues années qu’il n’était pas sorti le jour. Il avait tenté, il y a très longtemps de sortir, mais le monde lui fit très peur.

Depuis ce jour, il reste bien caché dans son terrier. Il ne sort que la nuit, à l’abris dans l’obscurité.

Un après-midi frais de printemps, il entend quelque chose d’étrange. On toque à sa porte. Plus personne ne s’intéressait à lui depuis bien longtemps. Il était seul, dans un espace restreint, inconfortable, certes, mais d’un inconfort confortable. Il connaissait bien son trou. Aucun recoin n’avait de secret pour lui.

On frappe à nouveau. Intrigué, notre petit lapin va voir quel est cet importun qui vient ainsi le tirer de sa retraite du monde.

Par le trou de la serrure, il voit, Ô mirage, une jeune et belle lapine. Ne comprenant pas ce qu’on lui veut, il hésite encore à ouvrir. La lapine insiste. Il ouvre.

Aveuglé par la lumière du jour qu’il n’avait plus vu depuis longtemps, il cligna quatre à cinq fois des yeux. Se déploie alors devant lui un lumineux et coloré, bien différent de ce qu’il connaissait de la nuit aux tons gris. Au milieu de celui-ci, à quelques pieds (de lapin) de lui se plante une vision hors du commun : un être vivant de son espèce. Plus habitué aux vers et autres insectes rampants qui passaient sous sa porte qu’à fréquenter son espèce, il ne su pas vraiment comment l’aborder.

« Bonjour vous ! » dit la lapine en faisant un petit saut.

« Heuuuu … » répondit notre lapin.

Elle sentait bon. Non pas le sable chaud, mais une odeur de jeune carotte.

Il s’en suivi une conversation en langue de lapin que je ne connais pas. En substance, notre ami lapin ne comprenait pas non plus ce qu’il lui arrivait. Pourquoi cette belle lapine s’intéressait-elle à lui ? Pourquoi ne sautillait-elle pas avec les autres lapins dans l’herbe près du ruisseau ?

Il se disait qu’il n’avait rien à lui offrir, qu’elle valait bien mieux que lui. Elle n’était pas d’accord. La non plus, il ne comprenait pas.

Cependant, il était tombé amoureux. Cela non plus, il ne le comprenait pas. Lui, le lapin rangé dans un terrier sombre, seul depuis si longtemps.

Après cette discussion, elle lui demanda si elle pouvait revenir le lendemain. Il accepta, sans vraiment savoir pourquoi il mettait en danger sa si précieuse tranquillité.

Le soir, s’apprêtant à sortir, on frappa à nouveau à la porte. Troublé, s’empêchant d’espérer que ce soit la jeune lapine, il regarda par la fenêtre. Un grand cerf lui dit qu’il avait perdu sa maison. Notre ami lapin lui demanda s’il ne s’était pas trompé de chanson et après une discussion en lapincerf que je ne connais pas, le grand cerf s’en alla en sautillant.

Notre ami lapin, perplexe par cette journée si peu ordinaire, alla faire ses commissions et remplir ses gourdes d’eau au ruisseau.

La nuit était belle ce soir là, les étoiles se reflétaient dans l’eau en des millions de petites feux d’artifice. Au bord du ruisseau, il trouva un petit paquet en feuilles de salade. Dedans, une botte de carottes fraichement sorties de terre. Il aimait bien la terre fraiche sur ses carottes. Un petit mot en langue de lapin accompagnait tout cela. Suite à des recherches linguistiques, voici ce qui y serait écrit :

« Merci pour cette douce discussion mon lapin courageux, voici un petit cadeau, j’espère qu’il te plaira. Lapine »

Tout ému, il prit le cadeau contre son cœur et cru percevoir le doux parfum de cette après-midi.

En relisant le petit message, il tomba sur un mot qu’il n’avait pas l’habitude d’entendre à propos de lui : « courageux ». Décidément, cette lapine n’avait pas les yeux en face des trous se dit-il.

Depuis les années qu’il vivait reclus dans son terrier, il avait eu le temps de se convaincre qu’il était sans doute le plus peureux des lapins de tout l’univers connu et inconnu.

Et maintenant, une lapine, apparemment sensée et en bonne santé, venait lui dire le contraire et semblait convaincue de ce qu’elle disait.

Il pensa qu’il était temps de mettre les choses au clair avec elle et, non sans hésitation et grande peur, il décida d’aller à sa rencontre le lendemain, en journée pour lui montrer le lapin peureux qu’il était. Il ne pouvait pas la laisser se faire de fausses idées à son sujet.

Au chant du coq (oui, il y a toujours un coq dans les histoires, c’est comme les cerfs), notre ami lapin faisait sa toilette devant sa glace. Les idées tournaient à toute vitesse dans sa tête. Il allait sortir en plein jour. Non seulement il avait peur, mais en plus il imaginait déjà les railleries des autres lapins, le voyant trembler de peur, sans défense, en pleine journée. L’image était si terrifiante pour lui qu’il hésita plus d’une fois à mettre ses plans à exécution.

Céleri moins le quart (les lapins ne comptent pas les heures comme nous), c’est l’heure. Il prend son courage à deux pattes et ouvre la porte. Lumière. Vent. Odeurs. Il avance. Il tremble. Se dirigeant vers le ruisseau, il repense à la douce discussion qu’il avait eut avec cette belle lapine qui semblait avoir perdu complètement la raison. Puis, il eut un doute. Ne lui avait-elle pas donné rdv aujourd’hui devant sa porte ? « Mais si ! Haaaaarg ! » se dit-il en voulant rebrousser chemin avec le soulagement de rentrer chez lui.

A peine initie t’il son demi tour qu’il tombe truffe à truffe sur la belle lapine qui le suivait tranquillement.

« Heuuu …. » dit notre ami lapin avec l’emphase d’un œil d’escargot.

« Bonjour mon lapin courageux, je ne savais pas que tu te baladais aussi en plein jour ? »

« Heuuu… Ben … en fait … faut savoir que … » balbutia avec brio lapin courageux.

«  Ne m’en dit pas plus. Comme tu es là, je vais te montrer un belle endroit aux trèfles frais »

Ni une ni deux, voici notre drôle de couple qui se met en route dirigé par belle lapine.

Lapin courageux se promet en chemin qu’il doit absolument lui dire qu’il n’est pas ce qu’elle pense. Il n’est pas courageux, il est bête. Bête car il sait qu’il y a plus de dangers la nuit pour un lapin que le jour mais que je jour lui fait tellement peur qu’il préfère risquer sa vie chaque soir.

Belle lapine l’amène près d’un petit amas de pierres. Elle entre dans un trou entre deux pierres et lui fait signe de la suivre. Il s’exécute.

« Bienvenu chez moi ! » Dit-elle avec un grand sourire.

L’endroit est charmant, décoré avec gout, gout de lapin bien entendu. Elle lui fait signe de le suivre près de ce qui semble être une fenêtre.

Arrivé à la fenêtre, il voit l’endroit où il vient, chaque soir, remplir ses gourdes et faire ses commissions.

Il comprend. Il l’a regarde, l’embrasse et lui dit « Merci, Belle ».

La Bête comprit que pour être courageux, il fallait avoir peur.

La Bête épousa la Belle.

Mais ça, c’est une autre histoire.

La métaphore de l’homme dans le trou

Il n’y a pas de mode d’emploi avec la vie. C’est bien malheureux. Mais c’est comme ça. Chacun est envoyé dans la vie les yeux bandés, à la mercie du moindre caillou, fossé, arbre et rivière qui se posera sur son chemin. On avance à l’aveuglette, en se cognant à la vie, en apprenant à éviter les ruisseaux quand on entend l’eau couler. On avance les mains devant soi après avoir rencontré, sans trop le vouloir, un arbre à la peau dure. Il arrive parfois qu’on rencontre quelqu’un, qui marche comme nous, dans le noir. Il a développé ses propres stratégies, il vous dit où sont les rivières et les arbres à éviter.

Vous faites de même.

Un jour, vous découvrez que vous avez un sac-à-dos. Dedans vous découvrez un objet, pourvu d’un manche et d’une spatule rigide. Lorsque vous en parlez autour de vous, on vous dit que c’est une pelle et que ça sert à creuser. Vous avez découvert que creuser est très utile : vous pouvez vous creuser un terrier le soir pour vous protéger, vous pouvez creuser un trou dans la rivière pour faire une baignoire et vous baigner dedans, vous pouvez aussi attraper plus facilement les fruits des arbres, vous faire de l’ombre et du vent lorsqu’il fait très chaud…

Un autre jour (pas le même, ça ferait beaucoup dans une journée), bien qu’ayant les bras et l’oreille tendus à l’affut du moindre indice d’obstacle, vous tombez. C’est la première fois que cela vous arrive. Vous avez déjà entendu que d’autres voyageurs avaient perçus des voix provenant du sol, mais cela n’était encore qu’une légende à vos yeux. La voix c’est vous maintenant.

En tatonant, vous remarquez que le sol est humide et friable et tout autour de vous se dresse un mur infranchissable. Vous êtes dans un trou. Qui l’a creusé est un mystère et pouquoi il ne l’a pas rebouché l’est encore plus. Vous êtes bien décidé à sortir de là, vous commencez à faire la seule chose logique : sortir votre pelle.

Vous creusez … creusez … creusez … et le trou s’agrandit … s’agrandit … s’agrandit …

Vous avez beau creuser de la plus efficace, énergique et esthétique manière qui soit, rien n’y fait. Cela ne marche pas … Enfin, si, vous enlevez bien de la terre à chaque pelleté, mais au final, chaque coup de pelle, aussi parfait soit-il, agrandit votre problème.

Fatigué, vous vous arretez quelques instants.

De l’aide … vous avez besoin d’aide.

“Au secours”

“Me voilà !”

La chance est avec vous. Vous cherchez de l’aide et voilà un inconnu qui passait par là et qui vient vers votre trou.

Vous lui expliquez la situation. Il semble comprendre.

Vous lui demandez s’il n’a pas une pelle plus performante que la vôtre. Une pelle avec des pistons, des options supplémentaires …

Par chance, l’inconnu a cela sur lui.

Cependant, il ne vous donne pas tout de suite sa super-pelle.

“Ne pensez-vous pas que cela ne soit pas une question de pelle, mais plutôt de ce que vous faites avec ?”

Double négation … la phrase est complexe. Mais vous tenez bon et arrivez à décoder celle-ci.

“Ben, vous faites quoi, vous, avec une pelle dans un trou ? moi, je creuse.” lui lancez-vous.

“Ca dépend de la situation … dans un trou, je la lacherais.”

“Lâchez la pelle ? Mais vous êtes fou !”

“Pas tant que ça … sans la pelle, vous pourriez monter à l’échelle que je vous tend.”

Sur ces mots, l’inconnu sort une échelle de corde de son sac-à-dos et vous lance l’autre bout.

“Cependant, si vous voulez creuser, vous serez plus efficace avec la pelle … avec une échelle, on ne creuse pas, on monte”

Vous comprennez bien le principe, cependant, vous n’êtes pas prêt à lacher votre pelle. D’une main, vous essayez de monter à l’échelle de corde … sans grand succès.

“Je vous l’ai dit, pour sortir du trou, vous devez lacher la pelle ou au moins la remettre dans votre sac-à-dos, elle pourra toujours vous être utile une autre fois  … a moins que vous ne comptiez creuser sur en étant acrocher à l’échelle ?”

Et vous … vous arrive-t-il aussi de vous creuser la tête pour sortir d’un trou et que plus vous creuser, plus le trou s’agrandit ?

Si c’est le cas, arretez de creuser … lachez la pelle … Ce sera un bon début.

La corde invisible

Un paysan avec 3 de ses ânes se rendait au marché pour vendre sa récolte.

La ville était loin et il lui faudrait plusieurs jours pour l’atteindre. Le premier soir, il s’arrête pour bivouaquer non  loin de la maison d’un vieil hermite.

Au moment d’attacher son dernier âne, il s’aperçoit qu’il lui manque une corde.

Si je n’attache pas mon âne se dit-il demain, il  se sera sauvé dans la montagne! Il monte sur son âne après avoir solidement attaché les 2 autres et prend la direction de la maison  du vieil hermite.  Arrivé, il demande au vieil homme s’il n’aurait pas une corde à lui donner.

Le vieillard avait depuis longtemps  fait voeux de pauvreté et n’avait pas la moindre corde,  cependant, il s’adressa au paysan et lui dit:   “Retourne à ton campement et comme chaque jour  fait le geste de passer une corde autour du cou de ton âne et n’oublie pas de feindre de l’attacher à un arbre.”

Perdu pour perdu, le paysan fit exactement ce  que lui avait conseillé le vieil homme. Le lendemain dès qu’il fût réveillé, le premier regard du paysan fût pour son âne.

Il était toujours là!

Après avoir chargé les 3 baudets, il décide de se mettre en route, mais là, il eut beau faire,  tirer sur son âne, le pousser, rien n’y fit.

L’âne refusait de bouger.

Désespéré, il retourne voir l’Hermite et lui raconte sa mésaventure.

“As-tu pensé à enlever la corde?” lui demanda-t-il.

“Mais il n’y a pas de corde!” répondit le paysan.

“Pour toi oui mais pour l’âne…”

“Le paysan retourne au campement et d’un ample mouvement, il mime le geste de retirer la corde. L’âne le suit sans aucune résistance.

Ne nous moquons pas de cet âne. Ne sommes-nous pas, nous aussi, esclave de nos habitudes, pire, esclave  de nos habitudes mentales?

Demandez-vous quelle corde invisible vous empêche de progresser…

Une belle journée – Frère David

Il se peut que vous pensiez qu’aujourd’hui soit un jour comme les autres.

Ce n’est pas un jour comme les autres.  C’est un jour qui vous est offert.

Aujourd’hui est un présent. Un cadeau que vous avez, maintenant, dans vos mains. Et la seule réponse appropriée à ce cadeau est la gratitude.

Si vous cultivez cette réponse tout au long de cette journée, vous apprendrez à agir comme s’il s’agissait du premier jour de votre vie, et aussi du dernier. Vous profiterez alors pleinement de cette journée.

Commencez par ouvrir les yeux et soyez reconnaissant d’avoir des yeux qui s’ouvrent.

Remarquez l’incroyable ballet de couleurs et de formes qui vous entour.

Regardez le ciel et les nuages. Regardez-les vraiment.

Remarquez comme ils changent à chaque instant, ils se transforment, les nuages vont et viennent.

Lorsqu’on regarde la météo, on ne pense pas à faire des nuances. On décrit le temps en bon ou en mauvais.

Aujourd’hui, en  cet instant, le temps est unique. Probablement qu’il ne sera plus jamais pareille. La formation des nuages dans le ciel ne sera plus jamais la même que maintenant.

Ouvrez vos yeux et regardez.

Regardez les visages des personnes que vous croisez. Chaque visage cache une histoire incroyable. Une histoire que vous ne connaitrez probablement jamais complètement.

Ils ne portent pas seulement leur histoire mais aussi celles de leurs ancêtres.

Aujourd’hui, chaque personnes que vous allez rencontrer incarne dans chaque pas la continuité de tout ce qui a participer à l’amener ici et maintenant à vous rencontrer.

Ouvrez votre cœur à l’incroyable présent que nous offre la civilisation, le chauffage, l’électricité, la lumière dans l’obscurité, l’eau froide, l’eau chaude et l’eau potable, un cadeau que des millions de personnes dans le monde n’ont jamais rencontré.

Nous avons autour de nous un nombre incroyable de présents auxquels nous pouvons ouvrir notre cœur

Je souhaite que vous puissiez ouvrir votre cœur à toutes ces bénédictions.

Permettez vous d’offrir à chaque personne que vous allez croiser aujourd’hui d’être bénie par votre rencontre, d’être bénie par vous, juste par vos yeux, votre sourire, votre toucher,juste par votre présence.

Laissez la gratitude inonder votre coeur et bénir tout ce qui vous entour.

Alors, ce sera une belle journée

La métaphore de la bougie, du moule et du cake

Cette métaphore m’a été inspirée par la lutte d’une participante d’un de mes groupes de mindfulness avec un moule qui ne lui correspondait pas …

« Avez vous déjà été dans un magasin de bougies ?

C’est magique.

Toutes les bougies sont bien alignées sur un présentoir.

Elles se ressemblent toutes.

Parfaitement identiques.

Dans le rang.

Une bougie est destinée à diffuser de la lumière, à illuminer autour d’elle les ténèbres, à créer des danses mystérieuses sur les murs, à mettre en lumière et à créer de nouvelles ombres.

Lorsque vous allumez une bougie, il est impossible de prévoir la façon dont elle va se transformer, rien ne laisse présager les formes et les vibrations par lesquelles la flamme va passer. Elle devient imprévisible, elle s’individualise, elle fond et prend une forme qui la rend unique.

Un être humain est semblable à une bougie. Il est fait pour diffuser autour de lui la flamme qui l’habite. Cependant, en faisant cela, il s’individualise. En laissant ce qu’il a de plus profond en lui illuminer ses actions, il se différencie. Il sort du moule.

Il prend peur. Peur d’être différent. Peur d’être montré du doigt. Peur d’être rejeté.  Il veut alors éteindre sa flamme, il la cache. Il arrive parfois alors qu’il s’y brule. Parfois il y arrive.

Alors sa flamme est éteinte. Il est comme les autres. Il est dans le moule, au chaud dans le four en train de se transformer en cake.

Tout ça pour un moule …

Si un jour tu as l’impression que tu as une « tronche de cake », que tu es stupide, « non conforme », sors du moule. Allumes ta flamme et sois en fier.

C’est elle qui te montrera le chemin.

C’est elle ta lumière.

Pas le moule. »

Hasard ? Coïncidence ?

Hasard ?

Coïncidence ?

La vie est surprenante. Elle vous réserve toujours un petit quelque chose d’unique, de savoureux, là, sous vos yeux.

Je suis parti ce 21 décembre 2014 pour rejoindre un gite.

En pleine campagne.

Froidchapelle, à deux pas des Lacs de l’Eau d’Heure.

Dans un cri de joie, je trouve enfin cette rue inconnue de mon GPS non sans quelques détours et moments de désespoir. Dans la cour de cette vieille ferme en L, je suis accueilli par un plumet virevoltant au bout duquel est attaché un chien. Le plumet et son captif semblent me montrer le chemin vers une porte, toute petite.

J’y entre en n’oubliant pas de remercier mes guides. Une table ovale faisant office de présentoir pour une documentation débordante, plusieurs fardes noires affichant des « important » inquiétants, quelques morceaux de branches mortes en guise de décoration, un petit panier avec quatre mandarines reposant sur le Livre d’Or dans lequel « on est pas obligé de laisser un petit mot ». A sa gauche, une bibliothèque aligne plusieurs titres bien connus de ma pauvre culture : « le Prophète », « Le père Goriot », « Madame Bovary », « Bonjour tristesse », « Rhinocéros », « Le rêve » … quelques SAS, un peu de bibliothèque verte, deux vieilles archives de Tintin et d’autres, moins connus de ma mince culture livresque. Un titre attire mon attention : « Les Forces De La Vie » de Martin Gray, 1975, Edition Robert Laffont.

Une petite note se cache entre deux pages collées : « Ce dimanche ?? avril 1975. En souvenir de Jacques, mon amour, qu’en ce jour j’ai perdu … ». Le jour a été gommé, laissant, à la place, une cicatrice de papier.

Emut par cet exorde aussi bouleversant qu’énigmatique, mon esprit s’évade. La voix souriante de cette dame que j’ai eu au téléphone hier s’enrichit d’un visage, d’une expression, d’un contexte. Je l’imagine un dimanche d’avril 1975, par un début de printemps pluvieux. Réfugiée dans une librairie, elle tente de donner un sens à son chagrin et est attirée par un livre, celui-là même que je tiens dans les mains. Elle le prend et en lit quelques lignes qui la convainquent qu’il sera un compagnon de choix pour sa tristesse.

J’ouvre une page au hasard et voici ce que le livre me raconte :

« Vous allez vous lever

Et durant CINQ minutes

Vous respirerez lentement

Profondément

Les mains ouvertes le long du corps.

Les yeux fermés

Avec ce calme qui entrera en vous

En pensant que vous êtes

Comme une plante

Taillé dans la même matière que

L’Univers entier

Et que vous allez puiser

En lui votre force.

Parce que vous êtes prêt à accueillir

Le message de la Vie. »

 

Coïncidence ?

Hasard ?

Deux grenouilles

Un jour, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. Aussitôt, elles s’aperçurent qu’elles s’enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain, elles ne parvenaient qu’à barboter au même endroit en s’enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle.

L’une d’elles dit tout haut :

« Je n’en peux plus, on ne peut pas se sortir de là. impossible de nager dans cette substance. je vais mourir et je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l’intérêt de mourir épuisée par un effort stérile ? »

Ayant dit cela, elle cessa de s’agiter et s’enfonça rapidement et littéralement engloutie par le liquide blanc et épais.

l’autre grenouille, plus persévérante, ou peut-être plus obstinée, se dit :

« Rien à faire ! Pas moyen d’avancer là-dedans ! Pourtant, même si la mort est proche, je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. je refuse de mourir une seconde même avant que mon heure ait sonné ! »

Elle continua à s’agiter et à barboter toujours au même endroit, sans avancer d’un pouce, pendant des heures et des heures.

Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s’agiter et de patauger, la crème se transforma en beurre ! Surprise, la grenouille fit un bond et, patinant, arriva au bord de la jatte. De là, elle rentra chez elle en croassant joyeusement.

La tristesse et la Furie – Bucay

Dans un royaume enchanté où les hommes n’ont jamais accès, à moins qu’ils ne s’y promènent éternellement sans s’en rendre compte… Dans un royaume magique où les choses non tangibles deviennent concrètes… il était une fois… un lac merveilleux. C’était un lac d’eau cristalline et pure, où nageaient des poissons de toutes les couleurs existantes et où toutes les tonalités du vert se reflétaient en permanence… De ce lac magique et transparent s’approchèrent la tristesse et la furie pour s’y baigner en se tenant compagnie. Toutes deux ôtèrent leurs vêtements et, nues toutes deux, entrèrent dans le lac. La furie, pressée (comme l’est toujours la furie), impatiente – sans savoir pourquoi –, se baigna rapidement et, plus rapidement encore, sortit de l’eau… Mais la furie est aveugle ou, du moins, elle ne distingue pas clairement la réalité. Aussi, nue et pressée, elle enfila, en sortant, le premier vêtement qui lui tomba sous la main… Et voilà que ce vêtement n’était pas le sien, mais celui de la tristesse… Ainsi vêtue de tristesse, la furie s’en alla. Très calme, très sereine, disposée, comme toujours, à rester à l’endroit où elle se trouvait, la tristesse termina son bain et, sans aucune hâte ou plutôt, n’ayant pas conscience du temps qui passait, avec paresse, lentement, elle sortit du lac. Sur la rive, elle découvrit que ses vêtements n’étaient plus là. Comme nous le savons tous, s’il y a quelque chose que la tristesse déteste, c’est de rester à nu. Aussi se couvrit-elle du seul vêtement qui se trouvait près du lac : celui de la furie.

On raconte que, depuis, il est fréquent que l’on rencontre la furie, aveugle, cruelle, terrible, furibonde. Mais si on prend le temps de bien regarder, on découvre que cette furie que l’on voit n’est qu’un déguisement, et que derrière le déguisement de la furie, en réalité…. se cache la tristesse.

Texte trouvé dans une église

Ce texte a été trouvé dans un vieille église de Baltimore en 1692.

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bon termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité et écoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant, ils ont eux aussi leur histoire.

Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation de l’esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grand et plus petit que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressé à votre carrière, si modeste soit-elle, c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps.

Soyez prudents dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies. mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe; plusieurs individus recherchent les grands idéaux; et partout la vie est remplie d’héroïsme. Soyez-vous même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe. Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse.

Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait.

Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme. Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Prenez attention. Tâchez d’être heureux.