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Dossier sur la dépression

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Psychologue Comportementaliste

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Trouble Panique - Agoraphobie

 

Dans cet article, vous trouverez :

Qu'est-ce que l'agoraphobie ?

Anxiété versus panique

Lorsque la panique devient trouble panique

Les causes du trouble panique

Le diagnostic du trouble panique

Effets des attaques de panique

Traitement du trouble panique

 

© van304

 

 

 

L'attaque de panique est une période temporellement bien circonscrite (pouvant durer jusqu'à 1 heure, parfois un peu plus) de crainte ou de malaise intense durant laquelle plusieurs des symptômes (minimum quatre selon de DSM) atteignent leur paroxysme en moins de 10 minutes dont les plus courants sont les palpitations, les douleurs dans la poitrine, l’impression d’étouffement ou d’avoir difficile à respirer, une douleur dans la poitrine ainsi que les nausées. Certains symptômes sont parfois assez surprenants comme le sentiment de déréalisation (impression de ne pas être dans la réalité, comme dans un film) ou de dépersonnalisation (impression de sortir de son corps, de s’observer à la troisième personne). La survenance de ces symptômes peut amener l’individu à avoir peur de perdre le contrôle ou de devenir fou ou encore de mourir (ce qui est assez courant).

 

C’est donc une expérience assez désagréable. David Barlow la décrit comme « une réaction subite insupportablement envahissante ».


Les attaques de panique peuvent être de trois types selon le degré de prédictibilité de leur survenance :

  1. liées à une situation (vous savez que dans une situation particulière, comme par exemple être dans un tram, vous allez paniquer)
  2. favorisées par une situation (vous avez déjà eu une attaque de panique dans une certaine situation, un centre commercial par exemple, mais vous ne savez pas si cela va se reproduire)
  3. inattendues (vous êtes incapable de prédire vos attaques de panique).

Le trouble panique est la répétition des attaques de panique et l'anticipation anxieuse de l'individu de leurs survenues (qui a pour effet paradoxal de les maintenir).


8 à 12% de la population ont déjà vécu une attaque de panique durant une période de stress. Seule 3.5% de la population développe un trouble panique (dont 2/3 sont des femmes).


Qu’est-ce que l’agoraphobie ?

© estación.lunar

Beaucoup de personnes souffrant d’attaques de panique développent une forme d'agoraphobie.

Le terme « agoraphobie » fut utilisé au départ pour désigner la peur des endroits bondés d’une foule pressée et affairée (i.e. la place du marché ou agora en grec ancien). Les recherches actuelles montrent que ce n’est pas tellement la peur de l’endroit, de la foule ou de l’extérieur mais plutôt la crainte d’être dans une telle situation, où il serait difficile de s’échapper ou d’être secouru si une attaque de panique se (re)présentait, qui est l'élément central dans l'agoraphobie.

Lorsque l’on craint la survenue d’une attaque de panique, on a envie d’être dans un endroit sûr ou avec une personne proche, qui nous comprendrait, si une nouvelle attaque de panique survenait, de manière à pouvoir être rapidement conduit dans un hôpital ou aller se coucher dans sa chambre (le domicile étant souvent vu comme un endroit sécurisé). La fuite, en plus d’être assez difficile à réaliser (comme sortir d’un ascenseur en marche ou sortir d'une salle de cinéma en pleine séance), la situation risque fort probablement de causer beaucoup d’embarras à l’individu qui la subit (le regard des autres, par exemple).

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Anxiété versus panique

Bien que les attaques de panique surviennent souvent dans tous les types de troubles anxieux, il y a une nette différence entre l'anxiété et la panique.  La différence réside dans la durée et l'intensité des symptômes.  Les attaques de panique sont de brefs épisodes de peur intense alors que l’anxiété est plus progressive, moins intense et dure plus longtemps.

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Lorsque la panique devient trouble panique

© like shipwercks

Si vous avez eu une attaque de panique, cela ne signifie pas nécessairement que vous avez ou que vous développez un trouble panique.  Beaucoup de gens font l'expérience d’attaques de panique sans vivre d’autres épisodes ou avoir de complications.  Il y a peu de raisons de s'inquiéter si vous avez eu juste une ou deux crises de panique.  Toutefois, si vous répondez aux critères suivants, il se peut que vous souffriez d’un trouble panique :

  • Vous éprouvez de fréquentes attaques de panique et elles sont inattendues.
  • Vous vous êtes inquiété, pendant plus d’un mois, de subir une autre attaque de panique.
  • Vous avez modifié votre comportement à cause des attaques de panique, par exemple vous évitez les endroits où vous avez déjà été pris de panique.


Une fois développé, le trouble panique tend à se chroniciser.  La fréquence et l'intensité des attaques de panique ont tendance à fluctuer au fil du temps.  Toutefois, plus vite vous consultez, plus vite vous obtiendrez de résultats.

Faits sur le trouble panique :
  • Environ 2,4 millions d'adultes américains âgés de 18 à 54 ans, soit environ 1,7 % des personnes de ce groupe d'âge ont développé un trouble panique.
  • Le trouble panique peut coexister avec d'autres troubles, le plus souvent avec la dépression ou la toxicomanie.
  • Le diagnostic et le traitement des autres troubles sont importants pour traiter avec succès le trouble panique.

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Les causes du trouble panique

Bien que les causes exactes du trouble panique ne soient pas claires, la tendance à avoir des attaques de panique semble se partager au sein de la famille : si quelqu'un dans votre famille a un trouble panique, vous avez un risque accru d’en développer un à votre tour.  Il semble également y avoir un lien entre le développement d'un trouble panique et les grandes transitions de vie telles que le passage du monde scolaire au monde professionnel, le mariage et la filiation.  Un stress important, comme la mort d'un être cher, le divorce ou la perte d'un emploi peut aussi déclencher une attaque de panique.

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Le diagnostic de trouble panique

© rdtajLe trouble panique peut être difficile à diagnostiquer à cause de sa ressemblance avec certaines maladies organiques.  La plupart des symptômes d'une attaque de panique sont physiques.  Les symptômes physiques, comme les douleurs dans la poitrine et les difficultés respiratoires, peuvent rappeler les maladies cardiaques, l'asthme ou encore l'hyperthyroïdie.  Beaucoup de personnes ayant un trouble panique vont voir régulièrement le médecin pour tenter de trouver un remède à ce qu’ils pensent être un problème médical mortel.  Pour diagnostiquer le trouble panique, votre médecin doit d’abord éliminer les autres possibilités.  Malheureusement, il arrive souvent que beaucoup de temps passe avant que l’on ne diagnostique correctement un trouble panique.


Un certain nombre de troubles et problèmes  physiques peuvent accompagner le trouble panique :

  • Le syndrome du côlon irritable, est une affection caractérisée par des crampes d'estomac, des douleurs abdominales, des ballonnements, la constipation et la diarrhée.
  • Le prolapsus de la valve mitrale (syndrome de Barlow), est un problème cardiaque mineur qui se produit lorsque l'une des valves du coeur ne se ferme pas correctement.
  • La fatigue chronique.

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Effets des attaques de panique

©© Tywak

Bien qu’une attaque de panique ne dure que quelques minutes, ses effets sont durable.  Si vous avez un trouble panique, la répétition des attaques de panique ont un coût émotionnel.  Le souvenir de la peur intense ou de la terreur qui vous ont envahi peut diminuer votre confiance en vous et troubler votre vie pendant un long moment.

Vous êtes susceptibles de faire l'expérience de :

  • L'anxiété anticipative - Au lieu de vous sentir détendu entre deux attaques de panique, vous vous sentez anxieux et tendu.  Cette anxiété ressemble à celle de l’anxiété généralisée et le thème anxieux est la crainte d’avoir de nouvelles attaques de panique.  Cette "peur de la peur" est présente la plupart du temps et peut être extrêmement invalidante.
  • L'évitement phobique - Vous commencez à éviter certaines situations.  Cet évitement peut être fondé sur la conviction que la situation a été la cause d’une précédente attaque de panique.  Ou bien, vous évitez les endroits où il serait difficile de vous échapper ou d’être secouru si une attaque de panique se produisait.


Les autres complications possibles du trouble panique sont :

  • La dépression – La dépression est fréquente chez les personnes souffrant du trouble panique.  Les attaques de panique et l'anxiété qu'elles provoquent peuvent gravement perturber leur vie.  Le sentiment de ne plus avoir le contrôle sur sa vie peut être particulièrement déprimant.
  • L’abus de substances – Il se peut que vous tentiez de gérer votre anxiété en consommant de l’alcool ou des drogues.  30 %des personnes ayant un trouble panique consomment de l'alcool et 17 % font l'usage de drogues pour tenter de faire face à leurs symptômes.  Malheureusement, ces tentatives d'automédications ne font qu’empirer les choses.
  • Le suicide – Environ 20% des personnes ayant un trouble panique tentent de se suicider. 
  • L’agoraphobie – L'agoraphobie est une complication assez commune du trouble panique.

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Traitement du trouble panique


Le trouble panique est généralement traité par la thérapie cognitivo-comportementale, les médicaments, ou bien une combinaison des deux (ce qui est le plus efficace).


Thérapie cognitivo-comportementale

by SCSSAPICS

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est généralement considérée comme la forme la plus efficace des psychothérapies pour traiter les attaques de panique, le trouble panique et l'agoraphobie.  Lors d’une TCC, le thérapeute va tenter de changer votre façon de voir l’attaque de panique et vous aider à développer de meilleurs moyens pour faire face à vos craintes.  Le premier aspect de traitement pour trouble panique et l'agoraphobie se traduit généralement par la psychoéducation.  On vous renseigne sur la nature de l'anxiété et l’aspect physiologique d'une attaque de panique.  Vous apprendrez que les sensations et les sentiments que vous avez lorsque vous paniquez sont normaux et que vous n'êtes pas en train de devenir fou.  Parfois, en savoir un peu plus sur vos difficultés peut vous rassurer.  On vous apprendra également à identifier et à évaluer les pensées automatiques que vous avez lors d'une attaque de panique.  Beaucoup de ces pensées sont irrationnelles et amplifient la dangerosité de la situation.  On vous apprendra également à remettre en question ces pensées et à les « décatastrophiser ».  Par exemple, si vous avez une attaque de panique en conduisant, quelle serait la pire des choses qui pourrait se produire ? Vous pourriez vous ranger sur le côté de la route, vous n’allez pas crasher votre voiture ou avoir une crise cardiaque.  Lorsque vous aurez appris que rien de catastrophique ne va se passer, faire une attaque de panique devient moins terrifiant. Un aspect important dans cet apprentissage est qu’il faut impérativement faire l’expérience que rien de catastrophique ne se produit pour réellement le comprendre : on peut comprendre l’idée, mais toujours avoir peur tant qu’on en a pas fait l’expérience.

Une autre facette de la TCC est de vous apprendre une nouvelle façon de contrôler votre respiration.  On va d’abord vous demander d’hyperventiler.  L’hyperventilation est à l’origine de nombreux symptômes que vous ressentez lors d’une attaque de panique.  En apprenant à contrôler votre respiration, vous développez une compétence que vous pouvez utiliser pour vous calmer lorsque vous commencez à vous sentir anxieux.  Si vous savez comment contrôler votre respiration, vous êtes moins susceptible de générer les sensations que vous redoutez.

L'exposition aux sensations physiques que vous craignez est une partie importante du traitement.  En plus de l'hyperventilation, on peut vous demander de courir sur place, de secouer la tête de gauche à droite, de retenir votre souffle ou de respirer dans un paille.  Ces différents exercices causent un certain nombre de sensations similaires aux symptômes de panique.  Comme vous vous exposer progressivement aux sensations que vous craignez, votre anxiété et la crainte des sensations commencent à disparaître.  A chaque exposition, vous devenez moins sensibles à ces sensations corporelles et vous avez un plus grand sentiment de contrôle sur votre panique.  Si vous souffrez d'agoraphobie, l'exposition à la situation que vous craignez et éviter fait également partie du traitement.  Comme dans la thérapie par exposition pour les phobies, vous faites face à la situation jusqu'à ce que la crainte  commence à disparaître et que votre anxiété arrive à un niveau acceptable.  Grâce à cette expérience, vous apprenez que la situation n'est pas dangereuse et que vous pouvez gardez sous contrôle vos émotions. Même si vous ne gardez pas sous contrôle vos émotions, l’expérience vous apprend que, au bout du compte, l’expérience est désagréable, mais pas mortelle.

La TCC fonctionne avec +/- 85% des personnes souffrant du trouble panique.

Les médicaments

© Nurlea Laurielle

Il existe deux types de médicaments qui aident à soulager la panique et l'anxiété :

  • Les antidépresseurs – Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et les antidépresseurs tricycliques sont tous deux utilisés dans le traitement du trouble panique.  On a démontré que les antidépresseurs permettent de réduire ou d’éliminer les attaques de panique.  Toutefois, il faut attendre plusieurs semaines avant qu’ils ne fassent effet, ils ne sont pas utiles s’ils sont  pris au cours d'une attaque de panique.
  • Les benzodiazépines - Ces médicaments anti-anxiété sont très rapides (généralement dans les 30 minutes à une heure).  Le soulagement rapide qu'ils fournissent les rend efficaces lorsqu'ils sont pris au cours d'une attaque de panique.  Les benzodiazépines entrainent une forte dépendance et de graves symptômes lors du sevrage, de sorte qu'ils devraient être utilisés seulement avec parcimonie et arrêtés progressivement en concertation avec un médecin.


Autres traitements du trouble panique


En plus de la TCC  et des médicaments, d'autres traitements sont recommandés pour le traitement du trouble panique et l'agoraphobie :

  • Les techniques de relaxation
  • La thérapie familiale afin de réduire l'impact du trouble panique sur vos proches.
  • La TCC de groupe


Sans traitement, le trouble panique peut avoir un impact délétère sur votre vie, nuire à vos contacts sociaux et vos relations professionnelles.  Vous pouvez commencer à vous retirer des activités normales et vous sentir plus anxieux, déprimé et sans défense.  En raison de ces conséquences négatives, il est très important de se faire aider dans les plus brefs délais.  Avec un traitement adapté, vous serez en mesure de réduire significativement ou même éliminer l'anxiété et les attaques de paniques pour reprendre le contrôle de votre vie.

 

Nous proposons, au cabinet, un traitement comportemental et cognitif de l'attaque de panique avec ou sans agoraphobie (exposition in vivo - c'est-à-dire sur le terrain - en suivant une échelle d'exposition graduée construite d'un commun accord avec le client). Nous travaillons, si c'est possible, en collaboration avec le médecin traitant par le biais de rapports réguliers de l'avancée de la démarche entreprise. Nous commençons systématiquement le traitement par une psychoéducation sur les émotions et la manière dont le trouble émotionnel se maintient à long terme par les évitements à court terme et ce qu'il convient donc faire dans l'immédiat pour s'en débarrasser à long terme.

 La durée de traitement moyenne est de plus ou moins 25 séances (3-4  séances d'évaluation, 1 séance de mise au point et d'établissement du contrat thérapeutique, 3 séances de psychoéducation, 15 séances d'exposition)

 

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