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Je ressens une profonde tristesse. Laissez-moi vous la présenter.
Elle est vibrante. Envahissante. Elle habite dans ma gorge et dans mon ventre. Je la connais bien. Cela faisait longtemps que je ne l’avais plus senti si forte. La voilà qui remet le couvert. Une fois de plus.
Je pensais en avoir fait les frais suffisamment de fois pour en être quitte, mais non. La revoilà.
J’apprends chaque jour à mes clients à faire de la place à ce qu’ils ressentent, et, par empathie, je me reconnecte à elle chaque jour. Je pensais avoir trouvé un moyen de la rendre utile, en me rendant plus humain. Mais on dirait que je n’avais pas totalement accepté sa présence et que la ressentir de temps en temps était un moyen de la contrôler, de « l’accepter » à moitié.
Je suis triste pour elle. Je suis triste pour ma tristesse de ne pas avoir vu à quel point c’est difficile d’être celle qu’elle est. De n’avoir droit à la parole que quand je le souhaite, de ne pouvoir exister que quand elle est utile.
Ce n’est pas juste.
J’ai écris récemment un article sur la compassion pour sa tristesse. Etait-ce un signe ? Un message qu’elle m’envoyait, les yeux plein de larme ?
Je suis désolé tristesse. Pourras-tu me pardonner ? Puis-je te demander de faire un petit bout de chemin avec moi ? Je crois que j’ai besoin de toi aujourd’hui.
N’hésite pas à venir quand tu veux. C’est difficile de te voir arriver, mais lorsque tu passes le seuil de mon cœur, tu mets du bois dans l’âtre de mon âme. Quand tu ravives ainsi mon feu interieur, je vois plus distinctement ce qui a de la valeur à mes yeux.
Reste autant que tu veux, il y a une chambre d’ami et de quoi manger pour toi. Veux-tu un thé, un chocolat chaud ?
Sois la bienvenueTristesse :-) |