| Si vous n'aviez qu'une question à vous poser, posez-vous celle-ci ... |
« Ce que je suis entrain de faire ici et maintenant m’éloigne-t-il ou me rapproche-t-il des choses qui sont importantes pour moi ? »
Une thérapie réussie pourrait se résumer à cette question … si on apprend à se la poser le plus souvent possible.
Elle est simple en apparence mais elle requiert un ensemble de compétences pour pouvoir y répondre de façon adéquate.
La première étape est d’être au conscient de ce qui est important pour moi.
Cela suppose de connaître ses besoins et de développer des moyens réalisables d’en prendre soin. Cela suppose également d’avoir une idée claire de ce que sont ses valeurs et de se donner les moyens de les incarner.
Connaître ses valeurs et ses besoins implique une certaine capacité d’écoute de soi-même, des indices que nous envoie notre corps sur ces choses importantes : les émotions. Au cœur de nos émotions se trouve la source de notre bien-être, d’une vie riche et pleine de sens.
Ecouter ses émotions n’est pas si aisé que ça. C’est pourtant très simple et c’est justement cette simplicité qui la rend compliquée.
Nous avons l’habitude que les choses importantes nécessitent un certain effort et l’effort est pour nous synonyme de réflexion intense, de démêler quelque chose de complexe, de planifier, de négocier, etc. Or, ce n’est pas complexe du tout. Il n’y a rien de complexe, rien à résoudre, rien à démêler, ni à planifier et encore moins à négocier. Il n’y a qu’à être présent. Ni plus, ni moins. Pas moins car si vous êtes absent, il vous sera alors difficile de rencontrer quoi ce soit. Pas plus non plus, et c’est là que c’est compliqué. Il est compliqué d’être présent, simplement présent. Certaines personnes s’entrainent même pendant des années avant d’y arriver.
Pourquoi est-ce si difficile ?
A cause de notre esprit. Notre mental. Notre intelligence. Appelez-le comme vous voulez.
Il faut la/le mettre en veilleuse pour être simplement présent, car dès qu’elle/il se met en marche, nous ne sommes plus présent. Nous passons dans une sorte de monde parallèle où nous testons des solutions à nos problèmes, où nous mettons nos expériences dans des cases, où nous observons le passé, anticipons le futur ou encore vivons une autre vie.
Ce monde parallèle est très pratique pour toute une série de raisons. Cependant, il ne l’est pas pour permettre la rencontre de nos émotions. Pour rencontrer quelqu’un, il est parfois préférable de se trouver dans la même pièce que lui.
En développant cette qualité de présence à soi, on apprend, petit à petit, à connaître nos émotions et à décoder le message qu’elles nous envoient. Ici encore, le décodage ne se fait pas par la réflexion mais par l’expérience, le ressenti.
Parfois nos émotions sont si complexes qu’on ne comprend pas du premier coup ce qu’elles nous disent. Ce n’est pas grave. Si c’est important, elles reviendront à coup sûr.
Revenons à notre question « Ce que je suis entrain de faire ici et maintenant m’éloigne-t-il ou me rapproche-t-il des choses qui sont importantes pour moi ? »
En plus de cette qualité de présence à soi, d’écoute tranquille de son ressenti, elle suppose aussi une capacité à faire la distinction entre s’approcher et s’éloigner. Ce n’est pas si simple qu’il y paraît : prenez une personne qui marche dans la rue, elle peut se rapprocher de la boulangerie ou bien s’éloigner d’une dispute avec son/sa partenaire. Comment le savoir ? Y-a-t-il une façon de marcher typique de l’éloignement ou du rapprochement ? Qui peut dire si elle s’éloigne ou se rapproche ? Elle, bien évidemment ! Comment peut-elle le savoir ? En se posant la question ? Non. En étant attentive à son expérience intérieure, par contre, elle pourra observer ce phénomène attentionnel de rétrécissement ou d’élargissement qui se fait en présence des choses qui nous attirent ou nous repoussent. Sur le plan de l’expérience vécue, ça ressemble à avoir de la place dans son corps ou d’avoir l’impression d’être dans des vêtements trop petits.
Ensuite, cela nécessite le courage de changer de cap si celui que vous poursuivez ne va pas dans la direction souhaitée. Comment le savoir ? Simplement en regardant la grand voile de vos valeurs : est-elle gonflée par le vent ?
Le vent souffle toujours, il suffit parfois de changer l’orientation la voile que quelques centimètres pour la voir se gonfler et porter votre embarcation. Cependant, ce n’est qu’en l’observant que vous en aurez conscience. |

