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La colère est liée à votre histoire d'apprentissage. Les situations qui vous mettent en colère sont très souvent l'écho d'événements difficiles antérieurs. La façon dont vous exprimez votre colère est également apprise. Si vous avez grandi dans un contexte où la colère est exprimée par la violence physique et/ou verbale, vous aurez sans doute une tendance à l'exprimer de cette manière.
La colère : une émotion secondaire. Ou quand une émotion en cache une autre.
Une émotion secondaire est une émotion qui est produite en réaction à une autre émotion. Soit en réaction à celle-ci (être en colère contre quelqu'un qui nous a fait nous sentir honteux) soit pour cacher celle-ci (être en colère pour ne pas se laisser aller à la tristesse). Dans le premier cas, il s'agit davantage d'un besoin qui n'est pas rencontré. Il s'agit de le déterminer et de poser des actes dans sa direction. Dans le second est plus un évitement émotionnel. Il s'agit alors d'apprendre à faire une petite place au sentiment que l'on fuit.
Une question à vous poser serait : êtes-vous vraiment en colère ? N'y a-t-il rien d'autre qui se cache derrière comme sentiment ? Insécurité ? Blessure ? Honte ? Vulnérabilité ? Gène ?
La colère est aussi une émotion primaire. Cependant, si elle se produit dans de nombreuses situations et que vous n'exprimiez pas souvent d'autres émotions négatives, il est probable que ce soit un problème de répertoire d'expression émotionnelle : La colère est le seul moyen que vous avez appris pour communiquer que quelque chose ne va pas (on parlerait même d'émotion instrumentale si la fonction de la colère est la communication). Ce type d'apprentissage est fréquent dans les familles où l'expression émotionnelle est découragée.
Quelques pistes pour déterminer ce qui se cache derrière la colère :
Vous avez des difficultés à faire des compromis. C'est difficile pour vous d'entendre et de comprendre l'avis des autres ? Vous avez des difficultés à céder un point dans une discussion ? Si vous avez grandi dans une famille où l'expression de la colère était très présente et hors de contrôle, vous devez vous rappeler sans doute que la personne en colère obtenait ce qu'elle souhaitait en criant plus fort, en étant intransigeante. Faire un compromis peut faire écho à un sentiment d'échec et de vulnérabilité.
Vous avez des difficultés à exprimer d'autres émotions que la colère. On en revient ici à l'émotion secondaire "masque" ou à l'émotion primaire "il-y-a-un-truc-qui-ne-va-pas".
Vous prenez les opinions différentes des vôtres pour une agression. Vous considérez avoir toujours raison et avez des difficultés à envisager que quelqu'un puisse avoir un avis différent du vôtre ? Si vous avez un grand besoin de contrôle ou un sentiment de fragilité personnel souvent activé, il est possible que vous interprétiez un avis différent comme une remise en question de votre autorité, voir tout simplement de votre personne, au lieu d'une simple divergence de vue.
Si vous n'êtes pas à l'aise avec les émotions, que vous vous "déconnectez" fréquemment, que la colère est votre réponse à tout ... vous avez avantage à passer un peu de temps avec vos émotions. La conscience de ses émotions est une clé de la connaissance de soi et d'une vie en accord avec ses valeurs. Arriver à composer avec la palette très étendue des émotions humaines vous permettra d'y voir un peu plus clair et de ne pas vous isoler socialement. La conscience des émotions est une compétence. Elle s'apprend. Elle s'entraine.
Quelques infos sur la colère :
- On se met plus facilement en colère quand on est stressé et/ou quand le corps est affaibli (fatigue, faim, soif ...).
- On est rarement en colère pour les raisons que l'on croit.
- On est en colère lorsqu'on a pas ce que l'on souhaite.
- On est parfois en colère lorsqu'on voit un trait de caractère chez autrui que l'on ne supporte pas chez nous.
- On se met en colère lorsque des événements actuels font écho à des situations émotionnelles non résolues, évitées depuis longtemps.
- Lorsqu'une situation partage des caractéristiques avec une situation passée où nous avons éprouvé une forte colère, la colère peut être activée.
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Egide Altenloh
psychologue comportementaliste
article mis en ligne le
5 juillet 2010
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