| Fausses croyances sur le comportementalisme - 1 - Introduction et la question du symptôme et de l'inconscient |
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Introduction contextuelle de cette série d'articlesL'origine de ce mouvement d'écriture date d'il y a quelques temps déjà et suit une colère suivant un sentiment d'injustice. Ce sentiment provenait de la lecture de réactions à la parution du brulant "livre noir de la psychanalyse". J'ai laissé mon brouillon pendant un petit temps et y suis revenu par la suite en enlevant les phrases inutilement blessantes. Je ne suis pas parfait, comme chaque membre de notre espèce, et il est donc possible que certains éléments puissent encore irriter. J'ai une petite tendance moqueuse et je m'en excuse par avance car là n'est pas la fonction de ces articles. Ceux-ci se veulent une réponse pédagogique aux critiques faites à mon cadre théorique chéri J'imagine assez bien que je vais avoir une fonction aversive pour de certaines personnes. Cela me gène et il est important pour moi que des informations un peu pertinentes (pour autant que ce que j’écrive relève de la pertinence) soient diffusées sur la toile (j’ai même lu un jour que le comportementalisme avait disparu ...) sans que celles-ci soit noyées dans un débat loin de la diffusion des propositions théoriques, en déplaise à certains (trop?) ardents défenseurs de la TCC (thérapie cognitivo-comportementale) qui se perdent parfois dans cette guerre inutile. Diffuser une théorie qui nous parle ne passe pas, à mon sens, par consacrer son temps à la défendre, encore moins si la défense signifie en attaquer d’autres. Le comportementalisme n’a pas à se défendre, il est suffisamment fort, cohérent, simple et riche à la fois ainsi qu’empiriquement validé pour se défendre seul. C’est la loi de l’évolution : ce qui est adapté à son environnement survit. Si le comportementalisme est adapté à l'explication du comportement humain et de la souffrance humaine, il survivra. Pour ma part, je choisi de ne pas me battre et de faire de mon mieux pour faire découvrir le comportementalisme tel que je le perçois avec mes faibles connaissances. "Le comportementalisme ne soigne que le symptôme"Il existe une croyance selon laquelle la thérapie comportementale ne soigne «que» le symptôme et que «seule» une autre approche (je vous laisse deviner) ou une de ses dérivés (elles sont tellement nombreuses maintenant) puissent être efficaces car «elles seules» travaillent sur les causes profondes de la souffrance humaine. Si vous regardez l'obédience de la personne qui vous donne un tel renseignement, elle sera bien souvent de la chapelle dont les mérites sont ventés en dénigrant ceux des autres. On se croirait dans une vieille pub Coca/Pepsi La raison est-elle marketing ? Protectionniste ? Je n’en sais rien. Ce que je sais, par contre, c’est que beaucoup de méthodes psychothérapeutiques sont basées sur des théories qui diffèrent entre elles quant à la raison sous-jacente, ou profonde, de la souffrance humaine. Certaines théories se payent même le luxe d’être empiriquement validées et tentent d'évoluer à travers des propositions testables. Selon moi (croyance personnelle donc), évaluer sur un autre critère que son jugement personnel si ce que l’on fait en thérapie à une certaine utilité pour la personne me parait tenir de l'honnête intellectuelle. L’approche que je maitrise le mieux, celle du comportementalisme «profond» (de l’anglais radical behaviorism, où le mot radical signifie racine, source, origine et non pas extrémisme), dit à peu de chose près ceci : L’origine de la souffrance humaine est à chercher dans le contexte d’émergence et de maintien de celle-ci. Le sens du mot contexte est vraiment très très large : il recouvre, dans le désordre, le contexte spatial, temporel, historique, écologique, culturel, social et relationnel, comportemental, verbal, affectif, cognitif, organique, psychologique, neuropsychologique, endocrinien, génétique ... Seront pertinent ceux qui trouveront écho dans la situation. Dans ce contexte particulier, unique pour chaque individu, pour chaque «problème», une personne déploie un comportement. Par comportement on entend quasiment toute chose qu’une personne est capable de faire ET qui a une conséquence sur elle ou son environnement : ça va de se nourrir à penser en passant par éprouver de la haine ou pardonner ou encore s’entailler le bras; systématiquement s’engager dans des aventures sentimentales sans avenir; se mettre en colère; remettre au lendemain ... La psychanalyse, pour le très peu que j’en sache (pour être plus honnête, je devrais parler de l’image d'Epinal que j’en aie, je n’ai lu que quelques livres sur la question et j'y ai trouvé des propositions intéressantes, si si ;-) ), propose de chercher l’origine de la souffrance humaine dans l’histoire de la personne (et les conflits inconscients). Le comportementalisme est d’accord avec cette proposition, bien qu’il nuance en considérant que dans certaines circonstances le contexte historique n’est pas le plus pertinent, et encore moins le seul élément permettant expliquer la souffrance de la personne, qu’il peut y avoir d’autres contextes, plus pertinents, que chaque situation est du cas par cas, qu’il ne s’agit pas de faire du copier-coller de ce qu’on lit dans les manuels ou de suivre religieusement les «leçons» des «maîtres». (oups ... encore une ...) "Le comportementalisme ne considère pas l'inconscient"Il existe aussi une croyance selon laquelle le comportementalisme ne considèrerait pas l’inconscient. La notion d’inconscient existe dans comportementalisme profond et est activement étudiée. Cependant, il ne s’agit pas d’un inconscient Freudien ou Jungien ou Lacanien ou de tout autre mot finissant par «ien» ... L’inconscient comme entité ou lieu de réalisation d’autres entités autonomes hypothétiques régulatrices du comportement n’existe effectivement pas dans le corpus théorique comportementaliste. Par contre, que des apprentissages se fassent en dehors de la conscience de l’individu, et agissent par la suite sur sa vie, d’une façon qui échappe à sa conscience du «pourquoi» il fait ce qu’il est en train de faire, c’est entendu. L’inconscient serait ce mouvement constant de façonnement du comportement par les contingences environnementales produit en dehors du champ conscient de l’individu. En fait, un bon mot pour décrire ce qu’est l’inconscient pour un comportementaliste serait «l’inconsciemment» qui insiste davantage sur le mouvement, l’action qui est entrain de se dérouler ici et maintenant. Pour être plus précis, on devrait même parler de «réalisé en dehors de la conscience de ce qui se réalise».
Voilà, trois articles en un.
La suite dans un prochain numéro |



. J'ai déjà publié quelques réflexions de ce mouvement d'écriture en abordant l'épineuse question du
(oups ... pas très gentille cette remarque, mais je la laisse, elle m'amuse)