ACT - Matrice, triplex : deux alternatives à l'hexaflex

La thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) peut être expliquée à travers différents modèles. dans un article précédent, nous avons décrit le modèle Hexaflex. Nous présentons ici le modèle Triplex, très rapidement, pour surtout nous attarder au modèle de la Matrice.

Le Triplex

Russ Harris (2009) propose un modèle en triangle appelé le Triplex dans lequel on retrouve toutes les dimensions de l'ACT.

triplex

Ce modèle permet d'agglomérer en trois variables fonctionnelles les 6 initiales. «l'Ouverture» à l'expérience représente l'acceptation de notre expérience et la défusion des règles verbales qui nous éloignent des contingences environnementales. Les valeurs et les actions engagées sont agrégées en «Faire ce qui compte». Pour finir, contacter le moment présent et prendre conscience de son expérience, verbale ou non, est résumé en «être présent».

La Matrice

Kevin Polk et Jerold Hambright (www.drkevinpolk.com) proposent le modèle de la Matrice. Celui-ci est une façon de conceptualiser les différentes composantes du modèle de l'ACT d'une façon originale et fonctionnelle. Nous le présentons en détail car c'est le modèle que nous utilisons. Il est également enseigné par Benjamin Schoendorff.

Les différents processus de l'ACT sont mis en relation les uns avec les autres dans un modèle dynamique.

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La première dimension (D1) représente notre faculté à entrer en contact avec les contingences environnementales internes et externes.

On y distingue trois niveaux d'expérience :

  • L'Expérience Mentale, qui renvoie aux Soi comme contenu, règles, souvenirs, jugements. Les émotions et autres sensations physiques font également partie de cet espace dans la mesure où elles peuvent être mentalisées par un jugement. 
  • L'Expérience Sensorielle représente l'interface avec le monde extérieur : les activités sensorielles mais aussi les comportements. 
  • L'Expérience Intérieure est une méta-expérience, une expérience d'expérience mentales ou non. C'est ce que ça nous fait d'avoir ces expériences.

A ce niveau, deux éléments sont évalués.

Premièrement, la faculté à discriminer l'Expérience Mentale de l'Expérience Sensorielle (D1) que l'on pourrait relier à la défusion et au contact avec le moment présent : se rendre compte que les pensées sont des expériences mentales et non une réalité «observée» (Défusion) et arriver à contacter ses sensations, observer ce qui se passe dans notre environnement à travers nos 5 sens, donc ici et maintenant (contact avec le moment présent).

Deuxièmement, la faculté à prendre contact avec l'Expérience Intérieure. C'est une forme d'exposition ou encore une approche du vécu douloureux ... car la douleur se situe bien à ce niveau.

La deuxième dimension (D2) représente notre rapport à l'expérience : l'acceptation ou l'évitement. Apprendre à discriminer notre position sur cet axe nous donne accès à la qualité des contingences auxquelles nous sommes soumis : aversives ou appétitives.

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Bon ça c'est pour le blabla psy (il en faut, sinon mon site ne paraitrait pas sérieux). En français, ça veux dire que savoir où on se trouve sur cet axe nous permet de savoir si on avance vers une direction qui est importante pour nous ou si nous fuyons quelque chose. C'est savoir ce que l'on dit au guichet de la SNCB : avancer revient à prendre un billet pour Paris si l'on veut aller à Paris (ça marche assez bien). Fuir revient à ne pas vouloir un billet pour Londres, Budapest, Marseille ... pour aller à Paris. Dans un cas, la personne en face de vous aura plus facile à vous donner un billet que dans l'autre ... et ce qui compte, finalement, n'est-ce pas d'aller à Paris ?

 

La troisième dimension (D3) représente le Soi comme contexte : la partie de la personne qui fait les discriminations entre D1 et D2.

Les trois dimensions proposent quatre quadrants.

Les quadrants du dessus représentent ce qu'une tierce personne verrait, les comportements publiques.

Les deux quadrants du dessous représentent ce qu'elle ne verrait pas, les comportements privés.

Les quadrants à gauche représentent les comportements soumis à une dynamique aversive et ceux de droite les comportements soumis à une dynamique appétitive.

Les quadrants de la dynamique aversive sont les «souffrances» et les «solutions».

Les «Souffrances» sont tout ce qu'il y a à l'intérieur d'une personne et qu'elle ne souhaite pas avoir (pensées littérales, images mentales, sensations physiques).

Les «Solutions» est tout ce qu'une personne fait pour diminuer, contrôler, s'éloigner de ce qui l'a fait souffrir. Les «solutions» peuvent être du domaine mental (rumination, distraction ...). Les solutions peuvent être évaluées en fonction de trois critères : leur efficacité à court terme, à long terme et leur utilité concernant l'approche ou la rencontre de choses importantes pour nous : les valeurs.

Les Valeurs Choisies (ce qui a du sens pour nous et nos besoins) représentent la manifestation mentale de la dynamique appétitive. Elles reflètent logiquement les Valeurs du modèle de l'ACT. (oui ... c'est assez hermétique comme tournure)

Les Actions Engagées sont la partie comportementale de l'approche vers ce qui compte pour nous. Elles peuvent être publiques (action concrète en direction de ce qui compte) ou privées (réorientation de l'attention vers nos valeurs).

D'autres informations ont également une importance pour conceptualiser un cas en ACT : les facteurs de maintiens environnementaux et historiques, l'agenda de contrôle, les renforceurs naturels.

 

Article rédigé et mis en ligne le 7 décembre 2010 par Egide Atlenloh

 

Un erratum apparaitra bientôt ... merci Benjamin Content