| Réponse et cadrage relationnels |
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Certains comportements, non-innés, ne sont pas appris directement. Ils sont issus de l’histoire d’apprentissage par exemples multiples. Au tout début de son histoire, un individu apprend à répondre à l’environnement sur base des relations entre ses réponses et les situations qui les précèdent. L’imitation en est un exemple : un modèle lève le bras gauche, l’enfant reçoit un renforcement lorsqu’il lève le bras gauche. Le modèle se touche le nez, l’enfant reçoit un renforcement lorsqu’il se touche ne nez. Ainsi de suite. C’est sur la base d’exemples multiples et différents que le comportement d’imiter la topographie du comportement du modèle est appris. Un comportement majeur, appris indirectement, est la capacité à dériver des relations sur base de relations existantes. Il s’agit d’une troisième forme d’apprentissage, apprise par conditionnement opérant et spécifique aux CV. Les relations peuvent se forger entre les mots écrits, leurs vocalisations, les objets ou événements qu’ils représentent et les états internes qu’ils suscitent. Au niveau le plus simple cela peut être le fait qu’une personne ayant appris qu’une classe d’objets ayant certaines caractéristiques porte un certain nom. Par exemple, que les préparations culinaires très souvent sucrées se consommant à la fin d’un repas s’appellent des «desserts». il pourra alors nommer «dessert» tout autre consommé présentant cette caractéristique. Dans les cas plus complexes, comme lorsqu'une personne apprend à avoir peur des serpents car ils sont dangereux, il aura peur à l’évocation du mot «serpent» ou de l’image d’un «serpent». S’il apprend que «natrix» est un genre de serpent, il aura peur du mot «natrix». L’individu a appris une tendance généralisée à cadrer les événements en relation les uns aux autres. Dans le cas présent, un cadre de relations d’équivalence ou de coordination s’est développé entre «serpent» et «natrix». Le cadre complet représente serpent, danger, natrix où chaque élément est relié aux autres par un type de relation particulière. Le lien "serpent" et "danger" est une relation d’implication, le lien serpent et natrix est une relation de coordination et le lien natrix et danger est une relation dérivée d’implication. Répondre relationnellement, dans le cas présent, revient à avoir peur lorsqu’on entend le mot «natrix». Le cadrage relationnel possède différentes propriétés dépendantes du contexte. Dans certains cas, le cadre relationnel s’élabore entre deux éléments verbaux. Par exemple, une personne peut apprendre que le plomb est plus lourd que la plume, elle pourra également dériver que la plume est plus légère que le plomb. A travers son interaction avec l’environnement, l’individu apprendra à répondre sur la base de la relation particulière qui existe entre les deux objets. L’un implique l’autre et vice versa. On parle de relation par implication mutuelle où mutuelle suggère une relation bidirectionnelle entre les deux éléments. Il arrive qu’une relation se crée entre plusieurs événements verbaux. Par exemple, A est plus grand que B et B est plus grand que C. La personne qui apprend cette relation peut également dériver que A est plus grand que C, C plus petit que A et B, et B plus petit que A. Lorsque le cadre de relation implique la combinaison entre différents éléments, on parle de relation par implication combinatoire. En principe, c’est ce genre de relations qui résultent la majorité du temps de notre interaction avec notre communauté verbale. L’exemple A-B-C reflète une relation de coordination entre les éléments. D’autres types de relations peuvent être appris par dérivation : opposition, distinction, comparaison, hiérarchies, relations temporelles, relations spatiales, relations conditionnelles, de causalité, relations déictiques etc. (Hayes, Barnes-Holmes, & Roche, 2001). Ces relations peuvent être décrites comme une forme de réseaux complexes et interconnectés. Ils ne sont pas innés mais apparaissent après une longue histoire de conditionnements. L’éducation est un des moteurs de création de ces réseaux. Une autre propriété importante du cadrage relationnel est la transformation de fonction. La transformation de fonction reflète le phénomène de modification de l’effet d’un stimulus verbal, par exemple un mot ou une vocalisation, par sa participation à un cadre ou un réseau relationnel. Un terme inconnu peut devenir désirable par sa participation à un cadre ou un réseau dans lequel quelque chose est déjà désirable. Par exemple, quelqu’un appréciant la musique pop peut émettre des comportements allant dans la direction d’acheter un ticket de concert de Mika. Bien que n’étant qu’un morceau de papier, celui-ci acquière une fonction appétitive par son appartenance au réseau «musique pop», même si l’individu en question n’a jamais entendu le chanteur Mika. Les relations peuvent aussi se trouver sous contrôle contextuel. Des stimuli environnementaux peuvent être corrélés à la façon dont la dérivation des relations est transmise à travers un réseau donné de relations. Par exemple, dans un certain contexte, des stimuli signalent quelque chose de positif à propos d’un élément de l’environnement. Dans un autre contexte, cette même chose sera renseignée comme négative. C’est le cas, par exemple, des promotions dans les magasins ou du choix d’un coiffeur plutôt qu’un autre sur base des conseils d’un(e) ami(e) qui connait bien les coiffeurs de la région. |

