Une lettre à la poste – Exercice sur la honte

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Au cours d’une session de travail avec un collègue chimacien nous avons reparlé d’un exercice que j’avais proposé au cours d’une formation ACT pour travailler sur la honte.
Avant d’entrer dans les détails, voici une petite réflexion autour de la différence entre honte et la culpabilité.
Pour faire simple, la culpabilité est une émotion dite morale, au même titre que la honte, et qui se caractérise par la conscience d’avoir transgresser une norme morale. La honte, elle, se caractérise par la conscience d’avoir agi contre sa propre dignité. La différence est certes subtile mais importante : avec la culpabilité, ce sont les intérêts ou le bien-être d’autrui qui sont touchés, dans la honte c’est notre propre valeur qui est touchée. Ce qui nous pose problème dans la culpabilité c’est d’avoir fait du mal à autrui alors que dans la honte c’est le jugement que va porter la société sur nos actes. Dans un cas comme dans l’autre, c’est la peur du rejet qui mobilise nos émotions. Les fonctions de la culpabilité et de la honte sont assez similaires mais se centrent plus sur l’un ou l’autre pôle suivant : La planification de la réparation d’une part et l’auto-critique d’autre part.
L’exercice que j’avais proposé était de noter sur une feuille de papier une chose que l’on avait fait, ressenti ou pensé dont nous avions honte et dont nous n’avions jamais parlé à quelqu’un. Puis de mettre cette feuille, anonyme, dans une enveloppe, elle aussi anonyme, et enfin de me la remettre.
Après avoir récolté toute les enveloppes et avoir mis une de mes propres hontes dans le paquet, j’ai mélangé toutes les enveloppes, de façon à ce que l’on ne sache plus quelle enveloppe est à qui et nous avons continuer la formation, le tas d’enveloppes trônant sur la table, bien en évidence.
Je ne vais pas vous dire ce qui c’est passé après, car cela diminuerait l’impact de cet exercice en formation. Ce qui est important est que mon collègue a pensé à utiliser cet exercice avec un patient et que nous avons pris un temps pour affiner une proposition applicable comme exercice de thérapie.
La façon d’utiliser cet exercice en thérapie est de proposer au patient d’écrire de façon anonyme une ou plusieurs de ses hontes et/ou culpabilités sur une feuille, sans signer. De mettre la lettre dans une enveloppe, de la fermer, de ne rien écrire sur l’enveloppe (ni d’adresse d’expéditeur ni de récipiendaire) et de mettre un timbre. Pourquoi un timbre ? Dites simplement que c’est important qu’il y ait un timbre, sinon, cela ne marchera pas. Je n’explique pas ici pourquoi, mais je l’expliquerai en formation. Car tout le secret de l’efficacité de cet exercice réside dans ce timbre.
Cette lettre anonyme en main, aller jusqu’à la boite postale la plus proche et d’y poster la lettre.
Ce qui est important pour le patient est de bien observer ce qui va se passer juste avant de lâcher la lettre, et ce moment où il décide de lâcher la lettre dans la boite ainsi que ce qui va se passer juste après.
L’intention de cet exercice est de réaliser un entrainement au lâcher prise, à l’observation de la lutte intérieure, à la force de persuasion du discours intérieur etc. Mais aussi l’apaisement par l’aveu de la faute.
Lorsque vous décrivez cet exercice, veillez à bien insister qu’il est possible ou non que quelqu’un la lise, où bien qu’elle sera détruite ou encore envoyée dans un centre de décryptage. Il n’y a pas moyen de savoir ce que va devenir cette lettre.
Il est possible que cet exercice éveille des émotions particulièrement prégnantes, soyez vigilant en le proposant.
Si cet exercice vous inspire, testez-le et/ou partagez-le.

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