l'angoisse est normale, s'en inquiéter aussi
message posté depuis Mercredi, 11 Août 2010 par Egide Altenloh, Psychologue
modifié depuis: Jeudi, 12 Août 2010
Bonjour Françoise,
Tout d’abord, je tiens à vous dire que je suis très touché par votre démarche. Être parent a quelque chose de formidable et de terrible en même temps.
Votre garçon a 6 ans et l'angoisse est normale à cet âge (à tout âge en fait). C'est l'âge ou on est capable de concevoir que la mort existe, que la vie a une fin et donc que les gens qu’on aime pourront partir sans revenir. Et il n'y a pas que ça. C’est normal donc, à 6 ans, d’être angoissé avec un tel poids sur ses épaules.
L'angoisse d’un enfant est très forte pour ses parents et je comprends que cela vous inquiète. Il est cependant nécessaire qu'il apprenne, par l'expérience, à surfer sur ses angoisses, c'est important pour son développement de développer par l’expérience des moyens de composer avec ses émotions. C'est un peu comme le vélo, s’il veut apprendre à rouler, il doit monter dessus. Vous savez sans doute comme moi que les premiers essais font mal aux genoux et qu’ils sont nécessaires à l’apprentissage.
On a pas de prise sur nos émotions et il arrive qu'elles viennent sans prévenir, sans que l'on soit conscient de ce qui les provoque. Ce n'est pas vraiment important de le savoir. Ce qui importe, c'est de laisser la possibilité à cette émotion de s'exprimer dans un cadre d'acceptation et de bienveillance.
Mon conseil (c’est ici que je vous propose une façon de lui tenir la selle) est donc de prendre votre enfant dans vos bras quand il pleure, de ne pas lui demander systématiquement de se justifier de ressentir ce qu'il ressent en lui demandant pourquoi il est comme ça (ça revient à lui demander de trouver une "excuse" d'être triste, comme si c'était mal - remarquez qu'on ne demande que rarement de justifier un sourire ou une marque d'affection) et d’associer sa tristesse à un espace d’acceptation inconditionnelle et de bienveillance en lui disant, par exemple, qu'il peut pleurer autant qu'il veut dans vos bras, que vous l'aimez, aussi quand il pleure. Il est utile d’associer la tristesse à cet espace d’acceptation et de bienveillance car il y a de fortes chances qu’il soit encore triste à l’avenir.
l'ABCD des relations parent-enfant : amour, bienveillance, compassion et direction (c'est la partie ou on devient de "vieux ringards" avec nos règles).
En lui montrant que vous l’acceptez comme il est, que vous accueillez avec amour et sans (trop de) détresse par rapport à sa tristesse, il apprendra à en faire de même en internalisant le modèle de gestion que vous lui présentez par votre exemple.
Si, malgré cette attitude positive vis-à-vis des émotions négatives que vous tenterez par là de lui enseigner, la souffrance reste vraiment handicapante, je vous invite à consulter le site de l'AEMTC (si vous résidez en Belgique) et de voir s'il n'y a pas un psychologue comportementaliste dans votre région (la gestion des émotions est un peu notre point fort).
Courage à vous dans votre difficile mission de parent,
Egide
Tout d’abord, je tiens à vous dire que je suis très touché par votre démarche. Être parent a quelque chose de formidable et de terrible en même temps.
Votre garçon a 6 ans et l'angoisse est normale à cet âge (à tout âge en fait). C'est l'âge ou on est capable de concevoir que la mort existe, que la vie a une fin et donc que les gens qu’on aime pourront partir sans revenir. Et il n'y a pas que ça. C’est normal donc, à 6 ans, d’être angoissé avec un tel poids sur ses épaules.
L'angoisse d’un enfant est très forte pour ses parents et je comprends que cela vous inquiète. Il est cependant nécessaire qu'il apprenne, par l'expérience, à surfer sur ses angoisses, c'est important pour son développement de développer par l’expérience des moyens de composer avec ses émotions. C'est un peu comme le vélo, s’il veut apprendre à rouler, il doit monter dessus. Vous savez sans doute comme moi que les premiers essais font mal aux genoux et qu’ils sont nécessaires à l’apprentissage.
On a pas de prise sur nos émotions et il arrive qu'elles viennent sans prévenir, sans que l'on soit conscient de ce qui les provoque. Ce n'est pas vraiment important de le savoir. Ce qui importe, c'est de laisser la possibilité à cette émotion de s'exprimer dans un cadre d'acceptation et de bienveillance.
Mon conseil (c’est ici que je vous propose une façon de lui tenir la selle) est donc de prendre votre enfant dans vos bras quand il pleure, de ne pas lui demander systématiquement de se justifier de ressentir ce qu'il ressent en lui demandant pourquoi il est comme ça (ça revient à lui demander de trouver une "excuse" d'être triste, comme si c'était mal - remarquez qu'on ne demande que rarement de justifier un sourire ou une marque d'affection) et d’associer sa tristesse à un espace d’acceptation inconditionnelle et de bienveillance en lui disant, par exemple, qu'il peut pleurer autant qu'il veut dans vos bras, que vous l'aimez, aussi quand il pleure. Il est utile d’associer la tristesse à cet espace d’acceptation et de bienveillance car il y a de fortes chances qu’il soit encore triste à l’avenir.
l'ABCD des relations parent-enfant : amour, bienveillance, compassion et direction (c'est la partie ou on devient de "vieux ringards" avec nos règles).
En lui montrant que vous l’acceptez comme il est, que vous accueillez avec amour et sans (trop de) détresse par rapport à sa tristesse, il apprendra à en faire de même en internalisant le modèle de gestion que vous lui présentez par votre exemple.
Si, malgré cette attitude positive vis-à-vis des émotions négatives que vous tenterez par là de lui enseigner, la souffrance reste vraiment handicapante, je vous invite à consulter le site de l'AEMTC (si vous résidez en Belgique) et de voir s'il n'y a pas un psychologue comportementaliste dans votre région (la gestion des émotions est un peu notre point fort).
Courage à vous dans votre difficile mission de parent,
Egide


